C'est une superbe matinée de juin. La maison est vide et les lits sont défaits. Un rayon de soleil pénètre par la croisée à l'oblique, vient caresser les tomettes de la chambre et Sol s'émerveille des myriades de particules scintillantes qui dansent dans cette lumière. Sur la pointe des pieds, elle lève les bras dans le rayon qui l'illumine tout entière, pour essayer de saisir ces minuscules galaxies dans ses menottes. Mais elles s'échappent insaisissables dans leur danse effrénée.
In vivo.
J.Gran.Riquelme
Note : Il est des images et des sensations de l'enfance que l'on garde en soi, vivaces, toute une vie...
samedi, mai 12 2012
Sol...
Par El duende le samedi, mai 12 2012, 21:06 - Prose
jeudi, mai 10 2012
La pensée du soir : Alan W.Watts
Par El duende le jeudi, mai 10 2012, 00:27 - Pensées glanées
"Etre de passage, c'est vivre ; rester et se maintenir c'est mourir."
"Car le poète a vu la vérité selon laquelle la vie, le changement, le mouvement et l'insécurité sont autant de noms pour une même chose."
Alan W. Watts
Eloge de l'Insécurité
Petite bibliothèque Payot
samedi, mai 5 2012
Bernard Manciet : jardins perdus
Par El duende le samedi, mai 5 2012, 22:52 - Coups de coeur
Bernard Manciet était landais et écrivait en Occitan. Il s'en est allé en 2005 et c'est cette année-là que parurent, traduits par Guy Latry, ses jardins perdus aux Editions de l'Escampette...
Ecrits auto-biographiques, écrits de la mémoire enfouie, Manciet nous régale d'une série de portraits savoureux qui sont les témoins d'une époque. Un monde révolu - nous sommes plus ou moins en 40 - qui prend corps grâce à la magie de l'écriture.
Voici un extrait que j'ai particulièrement aimé.
Manciet y évoque la pluie dans les pins. Qui n'a traversé ces longues étendues uniformes de la forêt landaise, tapissées de fougères où l'on n'aperçoit âme qui vive ? Sous la plume de Manciet, et sous la pluie monocorde, la forêt de pins devient un paysage de l'âme. El duende.
Brume du Sud ...
lundi, avril 23 2012
Léon Blum : naissance du socialisme
Par El duende le lundi, avril 23 2012, 22:37 - VIdéos
Quelques minutes de vérité.... El duende
dimanche, avril 22 2012
Nougaro et l'été ou les émois de l'adolescence
Par El duende le dimanche, avril 22 2012, 19:26 - Ecouter
jeudi, avril 12 2012
Le chant de la terre : Kiki Dimoula
Par El duende le jeudi, avril 12 2012, 16:19 - Coups de coeur
Essaim de coquelicots par el duende
samedi, avril 7 2012
La pensée du soir ...
Par El duende le samedi, avril 7 2012, 21:52 - Pensées glanées
Les mots tus sont les fleurs du silence.
Proverbe Japonais.
lundi, avril 2 2012
Black on blue...
dimanche, avril 1 2012
Jacques Ancet ou le monde de l'entre-deux
Par El duende le dimanche, avril 1 2012, 09:54 - Coups de coeur
Ouvrir un recueil de poèmes de Jacques Ancet c'est entrer dans un monde de l'entre-deux, un monde indéfini, de l'indicible où les repères s'estompent, où l'être se perd...
Le monde de Jacques Ancet est fait d'un quotidien dilué dans la brume. Le poète est à l'écoute de lui-même, à la recherche de quelque chose qui ne dit pas son nom : ombre tapie au fond de soi ou présence légère alentour ...
Le poète est nu. Ici pas de faux-semblants. Les grandes interrogations existentielles sont là : le temps, être ou non, l'essence et la réalité des choses, écrire ...
A quoi se raccrocher ? Qu'est-ce qui fait sens ? On est toujours au bord de l'abîme, prêt de
sombrer...
Mais pourquoi ai-je senti un sentiment profond de fraternité m'envahir à la lecture de ce recueil ?
El duende.
lundi, mars 26 2012
Toute petite, minuscule...
Par El duende le lundi, mars 26 2012, 20:35 - Prose
Toute petite, minuscule dans mon souvenir d’adulte... J’ai deux ans et je suis une boule de chair assoiffée de tendresse.
La voisine m’a tricoté une jolie petite robe de couleur rose clair en laine légère. C’est une jolie dame, une française, qui s’assied devant sa porte sur une chaise de paille, en fin d’après-midi dès que la chaleur de l’été s’adoucit et qui manipule les aiguilles avec une rapidité fascinante. Elle aiguise les grandes aiguilles, munies d’une boule au sommet, et ses mains fines, agiles, aux ongles colorés, s’activent dans un mouvement rapide et souple ; des kilomètres et des kilomètres elle fait ! Avec des laines de toutes les couleurs, pastel ou acidulées; elle crée des modèles originaux, gonflants et vaporeux, à trou-trou, artistiques quoi! Jamais les mêmes car elle destine ses créations à tous les enfants du quartier.
La voisine me trouve jolie. Elle dit tout le temps à Maman que j’ai de beaux cheveux. C’est vrai qu’ils sont beaux mes cheveux. D’abord ils sont blonds comme des fils d’or, ensuite, ils sont tout bouclés. Maman dit en riant que je suis frisée comme un mouton ! Elle est toute fière de moi Maman et elle se régale de travailler cette masse vaporeuse pour réaliser de lourdes anglaises et disposer quelques accroche-cœurs sur mon ample front.
C’est son grand plaisir à Maman de bichonner ses filles. Elle en a deux. Moi, je suis la dernière donc la plus petite et forcément la plus choyée. Avec nous elle joue à la poupée. A Marisa, qui possède des cheveux châtains et raides « comme des baguettes de tambour », elle confectionne deux tresses bien lisses, bien brillantes, et elle termine son œuvre par des rubans de couleur assortis à sa robe. Ensuite elle les relève sur la tête, latéralement en les fixant avec des barrettes de métal, ce qui donne à Marisa une allure nette et altière. Ma grande sœur aussi est très jolie, très fine, mince et nerveuse, racée quoi! Avec de superbes yeux bleu-gris. Elle respire son Espagne natale.
La grande fierté de Maman, c’est de nous emmener en balade dans le village et de susciter les compliments des dames françaises qui s’extasient sur la beauté de ses filles tout en constatant leur bonne tenue. Certaines vont même jusqu’à soulever la jupette pour contrôler si la culotte est immaculée. Et elles sont toujours propres les culottes de ses petites ! « Ah! elles peuvent venir voir les voisines, elles peuvent venir vérifier si les dessous de ses filles sont irréprochables! Non, elles ne lui feront pas tomber la face par terre de honte! » Maman a de l’honneur : pauvre, émigrée sans le sou, mais propre et digne.
Toute les semaines, c’est jour de lessive. Maman sort le grand cuvier métallique, celui qui sert aussi à nous baigner en été dans l’eau tiédie au soleil, et elle fait sa « bugado », comme elle dit.
A genou, à l’air libre, dans l’impasse où se situe notre maison, elle frotte le linge à la main avec force savon de Marseille, elle le fait mousser, le rince, le tord entre ses mains douces et fines, le laisse enfin tremper avec des boules bleues magiques qui vont lui rendre, à coup sûr, toute sa blancheur. C’est une sacrée besogne! Il faut avoir la santé pour manipuler ces kilos de tissu! L’horreur ce sont les draps... Pour eux, une seule personne n’y suffit pas. Alors Maman a trouvé une bonne âme en la personne de la « Tía Francisca ».
La « Tía Francisca » c’est notre « Mameto » à nous! Une adorable petite vieille qui habite la maison d’à côté. Elle est tout le temps vêtue de noir mais peu nous importe. Ce qui compte pour nous, c’est qu’elle soit là tout simplement et qu’elle remplace notre vraie grand-mère maternelle, celle qui est restée en Espagne quand Papa et Maman ont décidé de venir s’installer en France. De fait, elle tient compagnie à Maman, elle lui sert de mère et par la même occasion elle nous dorlote. Des comme elle on n’en fait plus... toujours prête à s’occuper de nous et si tendre, si jolie avec ses pommettes colorées, si fine, si ridée, si petitoune... C’est un bijou de « mameto »! « Tía Francisca, j’adore ton joli petit tablier noir parsemé de minuscules fleurs blanches. Il sert à tout ce tablier, à protéger ta robe des salissures, à transporter les patates que tu vas éplucher, mais surtout à nous blottir dans ton giron. »
J.G. Riquelme
"In vivo" 1997
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