Cendre et Braise

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mercredi, juin 14 2017

Niña : Octavio Paz

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Niña

Nombras el árbol, niña
Y el árbol crece lento y pleno
anegando los aires,
verde deslumbramiento,
hasta volvernos verde la mirada.

Nombras el cielo, niña
Y el cielo azul, la nube blanca,
la luz de la mañana,
se meten en el pecho
hasta volverlo cielo y transparencia.

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lundi, mai 22 2017

La fin d'Al Andalus vue par les troubadours : Romance de la perte d'Alhama ...

En 1492 la reconquête de l'Espagne par les Rois catholiques s'achève : l'émir nasride Boabdil perd Grenade et avec lui disparait le mythique royaume d'Al Andalus. Il se réfugiera à Fez en exil.

Piètre monarque et stratège, la vie de Boabdil est devenue légendaire. En effet, Il reste dans l'histoire comme le roi chassé de ses terres qui n'a pas su conserver son héritage.

Sa vie a donné lieu à de multiples légendes, comme celle de la tuerie des Abencerages, ou celle du départ en exil. Sa mère lui aurait lancé "pleure comme une femme, ce que tu n'as pas su défendre en homme". Suprème insulte.:-))

Dans ce romance anonyme, Boabdil vient d'apprendre la chute d'Alhama une ville au sud de Grenade. Le romance raconte comment Boabdil se fait lâcher par ses sujets, à cause de ses alliances mal venues avec Cordoue et de ses excès supposés - tuerie des Abencerages-, ce qui précipite la chute de Grenade.

On ne peut dénouer le vrai du faux. Toujours est-il que le romance est un modèle du genre. Destiné à être dit oralement dans les cours et chez les nobles, il ménage le suspense. J'ai admiré les descriptions d'un trait de plume enlevé, qui permet de se représenter la scène et de faire fonctionner l'imaginaire, ainsi que les pleurs de Boabdil immortalisés par Paco Ibanez. El duende.


La reddition de  Grenade par Francisco Pradilla y Ortiz (1848-1921) Boabdil remet les clefs de la ville aux rois Catholiques

La reddition de Grenade. Francisco Pradilla y Ortiz : 1848-1921.

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jeudi, avril 13 2017

Antonio Gamoneda : Il existait tes mains ...



Antonio Gamoneda est né à Oviedo en 1931 et vit à León depuis 1934.
Il appartient à la génération des années cinquante mais n'a été découvert que très récemment. Pourquoi ? Sûrement parce que c'est un être solitaire. Il a obtenu en 1988 le Prix national de Poésie en Espagne et en 2006, il a reçu le prix Cervantès.

Il existait tes mains.


Un jour le monde devint silencieux ;
les arbres, la-haut, étaient profonds et majestueux,
et nous sentions sous notre peau
le mouvement de la terre.

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dimanche, février 26 2017

Une pensée pour Saint-Exupéry

DSCN0001_4.jpg De la presqu'île de Miou, près de Cassis, on fait le parcours du "Petit Prince" qui aboutit à l'endroit où Saint-Exupéry a disparu avec son avion de reconnaissance en 1944.



Tout le monde connaît le Petit Prince, au moins de nom. Qui l'a lu attentivement pour en extraire la "sustantifique moëlle" et en déduire une leçon de vie ?

Car tel est le génie de Saint-Exupéry : nous donner une leçon de philosophie sous la forme d'un conte pour enfants.

Ce petit livre, anodin en apparence, devrait être placé à notre chevet, pour y revenir constamment, jusqu'à assimilation complète. Jusqu'à ce qu'il soit une partie de nous- mêmes, qu'il soit une lumière dans notre nuit. Ce texte est magique, il pourrait changer la face du monde.

Saint-Exupéry est vivant. A méditer.

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jeudi, février 16 2017

Luís Mizón : La voix enchantée du Sud chilien



Luís Mizón est chilien de Valparaíso, la ville aux 44 collines où flotte le souvenir prégnant de Pablo Neruda. C'est un Chilien du Sud, de cette terre enchantée battue par les vents, celle de Coloane et de Sepúlveda. Exilé en France et retourné chez lui depuis, sa voix est habitée à la fois par l'océan et la ville, la nature grandiose offerte et les cataclysmes récurrents. C'est une poésie où le rêve transcende la réalité et fait surgir les sortilèges, une poésie de la mémoire fécondée. Avec Luís Mizón c'est toute la cosmogonie que chaque homme du Cône Sud porte en lui qui ressurgit devant nos yeux émerveillés.

Et sur le fond, Claude Couffon, le grand traducteur, disait très justement de lui dans la préface de "Poème du Sud" : "Mizón aime par tempérament le côté caché, l'aspect voilé, replié des choses. L'envers plutôt que l'endroit.(...) La poésie est pour lui une façon de lever délicatement les masques, d'interroger les labyrinthes creusés par les apparences, de deviner les signes muets et les appels étouffés, de pressentir la transcendance sous la banalité, de débusquer l'imaginaire derrière l'écorce rationnelle du réel."

Enjoy...

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samedi, janvier 28 2017

Rûmi ...

Sur ma vitre... Un soir....par el duende

Sois enivré d'amour, car l'amour est tout ce qui existe.
L'amour est d'ordre universel.
...
Recherche le royaume de l'Amour
Car ce royaume te fera échapper à l'ange de la mort.
...
Rûmi
Odes mystiques

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jeudi, janvier 26 2017

Les frères Joubran : les maîtres du oud ...

Peu de musiques sont aussi prégnantes que celle du Trio Joubran. Toute la tragédie palestinienne y est évoquée mais tout un chacun peut se reconnaître dans cette musique qui a des résonnances universelles. Entre leurs doigts, le oud rend un son velouté et étouffé à la fois, en demi-teinte, ce qui constitue le signe distinctif de leur art. 

J'aime particulièrement ce morceau qui est lancinant comme peut l'être la douleur dans la chair. Qui peut douter, en les voyant jouer dans la joie, comme des enfants, que la musique puisse avoir un effet rédempteur ?

En fait ces 3 frères, selon moi, par la puissance d'évocation de leur art, sont les maîtres du Oud. El duende.

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lundi, janvier 23 2017

Juliette Greco et Boris Vian : "Il était mon frère, mes amours verticales" ...

Comment la tendresse sauve .... Ici le sujet n'est pas le physique de Boris Vian, n'en déplaise à Jean-Marie Cavada, mais la relation "intime" qui s'établit entre 2 personnes et comment cette relation pleine de tendresse peut sauver quelqu'un d'un blocage relationnel.

J'admire ici le langage plein de poésie de Juliette qui en fait un être hors du commun... un être des mondes parallèles ... El duende.
 

 

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jeudi, janvier 19 2017

De la recherche de la vérité...

La vérité nait de la confrontation. Sa recherche requiert que l'on sorte de son univers propre qui rend myope.
Qui se couvre les yeux, qui met le bâillon est condamné à l'imaginaire fantaisiste. Sa nuit est effectivement immense. El duende.

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samedi, janvier 14 2017

Lu Yu : le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise ...

image.jpeg j'ai adoré cette image. Deux générations, deux destins qui se croisent : un instant d'éternité.

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mardi, janvier 10 2017

le baiser de la lune...

le baiser de la lune par el duende


Le baiser de la lune
à l'eau de la mare
est interminable

Henri Brunel
Les Haïkus
Ed. Librio

Ma lecture : Ici, le poète exprime l' harmonie du monde. Même la chose la plus humble, la moins prisée a droit à sa part de lumière et donc d'amour. Superbe allitération ...

Pour tout savoir sur l'essence du Haïku.
Henri Brunel, un passionné de Haïkus et poète nous explique que pratiquer (ou lire ce qui revient au même) l'art du haïku, c'est adhérer à une certaine philosophie de la vie, une recherche intérieure pour le développement de soi.
El duende.

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mercredi, janvier 4 2017

Joan-Pau Creissac : Correspondance d'un jour d'octobre

L'émotion est toujours intacte, à la relecture de ce morceau d'anthologie qu'est ce poème de J.Paul Creissac.

Le poète établit une correspondance entre sa terre occitane et l'univers de la poésie car tous deux n'existent que dans le coeur des hommes. Une poésie qui vibre comme je l'aime et qui va au coeur des choses. El duende.

En souvenir d'une soirée de lecture entre amis sous le noyer de la cour du charron, en juin 2009, où nous sommes parvenus en terre de poésie...

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lundi, janvier 2 2017

Quand s'éteindra le ciel ...

The icy blue wings of Hen 2-437
The icy blue wings of Hen 2-437, mai 2016

Source NASA.

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dimanche, décembre 11 2016

In situ...

La couronne d'épines...

Oeuvre de Javier Pérez, né en 1968 à Bilbao : artiste espagnol qui vit et travaille à Barcelone.
La couronne d'épine, symbole de la barbarie humaine et .... si proche de l'amour... posée tout contre la douceur ...

IN SITU 2014 "Patrimoine et art contemporain". Manifestation estivale portée par l’association Le Passe Muraille afin d'établir un dialogue entre l’architecture patrimoniale et l’art contemporain.Saint-Guilhem-le-désert...

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lundi, décembre 5 2016

Tard dans la vie ...

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dimanche, novembre 6 2016

Mémoire et lieux ...

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Ce jour-là, de retour du cimetière, j'ai cherché ce jardin enté dans ma mémoire.

La glycine mauve de la tonnelle était dépouillée et la lumière avare mais j'ai retrouvé le charme désuet et nostalgique de mes années enfuies, à travers la grille du jardin, désormais défendu.

Un jardin ancien, romantique à souhaits, un jardin à vivre, qui pourrait figurer le paradis perdu que chacun porte en soi.

El duende.

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dimanche, octobre 23 2016

Laurent Bouisset et le passeur...

Grand-père



grand-père a ri à l'hôpital où il mourait



je venais simplement de débouler guitare au dos comme Kurt Cobain



il m'a dit : pas la peine de venir là...



il a rajouté : t'as bien mieux à faire dehors !



je n'ai pas répondu, bien sûr...



j'avais juste dix-sept ans et la vie qui bouillait dans les chaussures



j'y repense la trentaine passée et me dis qu'il plaisantait pas ou plutôt : plaisantait sérieux !



grand-père devait se sentir mourir mieux ou peut-être qu'il se sentait mourir... moins ! de me savoir debout ! dehors !



ou plus exactement : au fond d'une cave... à fomenter de tout mon corps un raffut digne avec les potes !



et plus que de raison éparpiller un vent brûlant de notes en guerre ! fausses il se peut pour la plupart... mais fulgurantes ! et habillées de houle !



oui, grand-père mourait moins je le sentais je le sens plus que tout maintenant ici



de savoir le petit en marche ! en train d'agiter dans son cri le mot futur !



plutôt que rester là des heures, anxieux à touiller dans la purée blême encore et rien trop faire de mieux du jour qu'éviter le ballet des blouses et médecins fabuleux qui l'emmerdaient...



allez va ! fous le camp gamin ! mets du vin dans tes notes ! et le feu à ta voix ! mets des couleurs dans le désert ! un Trafalgar de rythmes rock où tu voudras ! mais pas d'escale ici surtout ! et la coulée des violons, non merci... les violons, ça ira...



j'aime à penser que frère Rabelais était assis à son chevet dans cet hosto



j'aime à penser le doux orgueil de ce rire franc... ce rire-tempête qu'il savait conserver à ses pires heures !



grand-père ce jour-là m'invitait à vivre fort ! à vivre bien plus fort que lui encore !



cela se pourrait qu'un de mes vers parfois... un seul pas plus... mais vraiment pas n'importe lequel : un des plus vifs et fluides ! entré dans la nuit comme une graine en terre...



cela se pourrait que ce vers seulement réponde à son rire et l'honore ?

le site de Laurent Bouisset

Note de lecture ci-dessous.

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lundi, octobre 17 2016

Métamorphose ...

Beauté protéiforme d'une fleur de pissenlit : de soleil à constellation ...


De soleil ...

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dimanche, octobre 16 2016

Le Lez en hiver: réminiscences...

Il y a toujours quelque chose de soi quand on choisit un texte à publier ... El duende. Les eaux dormantes du Lez par el duende
Dans le parc de Monplaisir, les berges du Lez, et ses eaux dormantes, diffusent leur sortilège...

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samedi, octobre 8 2016

Laurent Bouisset : "Dévore l'attente" ...

CouvertureD_vorel_attenteLaurentBouisset.jpgQuand j'ai écrit à propos d'Edith Azam que la poésie contemporaine criait, je pensais aussi au jeune poète Laurent Bouisset, dont le premier recueil rassemble des poèmes écrits durant 10 ans . Il nous offre à lire un florilège de ce qu'il est fondamentalement : un être révolté.

Révolte certes, et en même temps désespérance profonde.

Laurent Bouisset observe aux aguets, tout au long de ses voyages au long cours. Il voit, là où d'autres passent blasés. On pense tout de suite à Neruda et à son engagement auprès des "damnés de la terre" du Chant général.
Une poésie souvent tournée vers les autres mais qui interroge aussi notre devenir à nous les nantis, avec une lucidité implacable..

La forme est actuelle, en prise avec le langage parlé de la jeunesse. Rien n'est travesti, rien n'est celé : les mots sont forts, choisis, justes, à la recherche du dire, comme un effort désespéré pour tendre des ponts, tisser des liens, rompre le silence ...

Il y a dans ces vers des fulgurances. Quand je parle de fulgurances, je pense évidemment à la lumière qui en surgit mais aussi à la violence du feu qui brûle... Et il y a du feu chez ce jeune homme hypersensible, lanceur d'alerte en désespoir...

Une voix nouvelle, une voix neuve qui émerge, un cri jeté au monde et à son indifférence mortifère ... un poète à découvrir et à aimer. El duende.

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