Nous sommes tous comme Arlequin. Sous l'apparence, notre habit est fait de pièces multicolores. C'est Michel Serres qui a exprimé cette idée, en substance, dans le Tiers-instruit et elle m'a plu. Car prendre conscience de son métissage culturel et l'accepter est un facteur de tolérance et de richesse.

Pour Yarasamin, peintre équatorien, le métissage prend une toute autre valeur. C'est en effet par les métis qui ont acquis les valeurs des colons, que le peuple natif (ou indigène) est exploité.

C'est pourquoi, le métis est peint, les yeux baissés, repoussant d'une main la lumière possible et l'autre se refermant sur les ténèbres qui ne sont en fait que vacuité.

Comme toujours chez Yarasamin, les mains ont une importance primordiale : elles sont l'instrument de l'action positive ou négative, de la tendresse comme de la violence, de la fermeture ou de l'ouverture.

Le métis est un être tiraillé entre deux camps lorsque, pour son malheur, l'un est exclusif de l'autre, ce qui est souvent le cas.

Dans l'histoire des colonies, le métis a toujours été du côté du plus fort.

El duende.


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"Le métissage". Yarasamin.