Tous les tableaux de Guyasamin sont des fresques murales, des oeuvres surdimensionnées dans la plus pure tradition sud-américaine, du niveau des célèbres fresques engagées de Rivera, le mexicain. Et comment n'être pas engagé ? C'est un art d'une grande "noblesse" (j'emploie ce mot avec circonspection), gratuit, un don total de soi.

Guayasamin raconte qu'il sortait fou, certains jours, après avoir bataillé avec ses pinceaux sur sa toile afin de dire au monde la douleur de son peuple, de témoigner, et que seule la musique classique pouvait lui apporter l'apaisement.

Et cependant on retrouve les influences de Picasso et de la peinture africaine mais surtout, surtout celle d'Egon Schiele, du courant expressionniste, dans le traitement des mains et des expressions du visage.

On est saisi d'effroi et on sort de l'exposition anéanti. Une expérience unique, quasiment mystique. Je vous souhaite de la faire, à votre tour, un jour, car Guayasamin vous habitera longtemps.
El duende.